L’obéissance, oeuvre du cercle de lecture de novembre

L’obéissance de Suzanne Jacob

Un roman où l’amour parental va à la dérive

Le 1 er novembre dernier, dix participants du cercle de lecture provenant de quatre pays différents se rencontraient autour du roman L’obéissance de Suzanne Jacob, originaire d’Amos. Cette écrivaine très connue a créé des chansons, de la poésie, des nouvelles, de nombreux romans, quelques essais et pièces de théâtre. Elle a remporté de nombreux honneurs, dont le prix Athanase-David pour l’ensemble de son œuvre.

Inspiré d’un fait divers, L’obéissance raconte l’histoire de la petite Alice dont la mère a participé à la noyade. Ce roman fait réfléchir sur les possibles racines de la violence et dévoile l’hypocrisie qui la perpétue. Suzanne Jacob nous fait entrevoir d’«invisibles cruautés » et dérange ses lecteurs, souvent submergés par la violence de certains faits divers rapidement effacés de la mémoire à cause du rythme effréné des actualités.

Les participants ont tous témoigné du fait qu’il s’agit d’une lecture très difficile, non seulement à cause de la structure non linéaire du roman mais aussi à cause des personnages, pour la plupart déroutants, qui sont aux prises avec une violence que l’œuvre questionne sans pourtant chercher à résoudre quoi que ce soit. De plus, L’obéissance est une oeuvre exigeante, puisqu’elle nous met en contact avec plusieurs formes de violence : petites violences quotidiennes au sein de la cellule familiale, violence au sein du couple, violence parentale et violence des régimes totalitaires. Tout y est. L’espace public et l’espace privé deviennent alors une source de questions inépuisables sur ces phénomènes. Jacob fait confiance à son lecteur; il est laissé à lui-même pour réfléchir à ses responsabilités de citoyen quand la violence traverse sa route. Quelques questions se posent : faut-il briser les moules du couple, de la famille ? À quel prix ? Faut-il apprendre à mieux communiquer et à mieux nous éduquer ? Faut-il « apprendre » à mieux aimer les enfants ? À aimer, tout court ? Un roman exigeant mais combien empreint d’humanité.

De la lumière a toutefois surgi de nos échanges : une société comme la nôtre a mis en place des services publics pour contrer la violence et informer la population sur ses graves impacts.

Un grand merci à nos partenaires : la Bibliothèque municipale de Rouyn-Noranda et la librairie Au Boulon d’ancrage !

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